Où en est la robotique aujourd'hui ? La partie "résolue" de la robotique est l'automatisation industrielle dans des environnements contrôlés. Ce n'est pas parfait, mais c'est suffisamment mature pour se développer à l'échelle mondiale. La Fédération Internationale de Robotique a rapporté 4 281 585 robots industriels opérant dans des usines à travers le monde (World Robotics 2024). Et dans les statistiques de World Robotics 2025, l'IFR rapporte plus de 542k robots industriels installés en 2024, avec des installations annuelles dépassant les 500k pendant plus de 4 années consécutives. C'est l'"avantage de l'usine" : les tâches sont répétables, les environnements sont structurés, et les limites de sécurité peuvent être conçues. Quand un bras robotique soude ou place des composants, vous pouvez contraindre le monde jusqu'à ce que le robot ait l'air intelligent. La frontière est tout ce qui se trouve en dehors de cette zone de confort : robots mobiles dans des espaces encombrés, robotique de terrain, manipulation flexible (saisir des objets en désordre), et tout scénario où le robot doit raisonner sous incertitude pendant de longues périodes. Ici, la difficulté principale n'est pas "peut-il faire une démonstration". La difficulté principale est la fiabilité à grande échelle : peut-il effectuer la tâche en toute sécurité, de manière prévisible et économique des milliers de fois, y compris dans les 2 % de cas étranges. C'est aussi pourquoi la robotique est obsédée par la sécurité et les modes de défaillance. Un bug logiciel dans une application web est ennuyeux. Un bug logiciel dans une machine en mouvement devient cinétique. Cela pousse les équipes de robotique vers un déploiement conservateur : redondance, comportement d'arrêt sécurisé, déploiements progressifs et surveillance attentive. Cela explique également pourquoi les progrès physiques peuvent sembler plus lents que ceux du logiciel pur.